LISBONNE — Le terme « ramen profitability » désigne, dans le jargon des startups, le moment où une entreprise gagne juste assez pour que son fondateur survive. C'est une image. Julien Castaing, 31 ans, l'a prise au mot.
“Le mec qui a inventé le concept disait que tu peux te payer des ramens. Donc j'ai atteint la ramen profitability, et logiquement, j'ai commencé à manger des ramens. Tous les jours. C'est le protocole.”
Depuis octobre, Julien documente chaque bol sur son compte, numéroté de 1 à 243. Le bol #100 a été célébré par un livestream de deux heures. Son MRR couvre, au centime près, son loyer et ses nouilles — il refuse catégoriquement de dépasser ce seuil, qu'il juge « hors de la définition ».

Son médecin lui a recommandé d'introduire « au moins un légume ». Julien a refusé, arguant qu'un légume « casserait l'unit economics » et l'exposerait à un risque de « scope creep nutritionnel ». Il envisage néanmoins de lever des fonds pour s'autoriser un œuf.
“Beaucoup de fondateurs visent la profitabilité puis se relâchent. Lui a fait l'inverse : il a atteint la profitabilité et a transformé sa carence en marque personnelle. C'est presque admirable. Cliniquement, c'est inquiétant.”
Julien prévoit d'atteindre le bol #365 avant de « pivoter vers le riz », un palier qu'il qualifie déjà de « série A de l'alimentation ». Son produit, lui, n'a pas reçu de mise à jour depuis le bol #12.